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-19h30, Cour de l'Archevêché - tarif unique : 12 €

TCHEKA, Cap Vert - Prix RFI Musiques du Monde 2005

Ce jeune talent incarne à lui seul toute la sensualité capverdienne. Sa voix voilée se pose sur de gracieuses guitares dont les cordes transposent avec une insolente aisance les rythmes des percussions traditionnellement féminines du batuque. Et si il y mêle parfois des accords de morna ou des influences jazz, c'est toujours pure musique capverdienne. Guitariste inspiré, une voix pleine de promesses et une réelle présence scénique, il développe un style tout à fait personnel et novateur.

Manuel Lopes Andrade ou plus simplement Tcheka, est né en 1973 sur l'île de Santiago au Cap Vert, la plus africaine des îles de l'archipel. Il commence très tôt la musique auprès de son père, Nha Raul Andrade, un violoniste très populaire dans les bals et les fêtes de village de l'île. Tcheka est à bonne école et les fausses notes lui valent un coup d'archet ; mais il apprend vite et se fait remarquer dans toutes les fêtes… Pourtant, le jeune prodige a d'autres ambitions. Dès l'âge de 15 ans, il s'approprie le rythme traditionnel des femmes, le batuque, qu'il souhaite tirer vers davantage d'universalité pour en faire un rythme qui parle à tout le monde. Pour vivre, il quitte son village et devient caméraman à la télévision nationale. Ce travail lui permet de voyager et d'élargir son horizon. Il rencontre alors le journaliste Julio Rodrigues avec qui il signe plusieurs compositions, jouant de manière informelle dans les bars de la capitale. C'est là que José da Silva (découvreur et producteur de Cesaria Evora) le découvre et lui propose d'enregistrer son premier album…
Il a remporté en 2005, pour son second album, le Prix RFI Musiques du monde.

-Sa musique revisite les rythmes populaires de son île natale, le batuque principalement, mais aussi la tabanka, un rythme de Carnaval, ou le talulu qui est joué dans lîle de Fogo pour la fête de Toussaint. Traditionnellement joué par des femmes, en marge des travaux des champs, le batuque est un rythme particulier à son île : né de tambours d'étoffes roulées et placées entre les cuisses (le tambour fut prohibé par l'Eglise et les autorités coloniales portugaises) il porte en lui l'héritage des rythmes venus d'Afrique par les esclaves. Il accompagnait un chant, la finaçon, que les femmes improvisaient au gré de leurs auditoires et des circonstances. En revisitant et réinventant ces traditions, Tcheka non seulement affirme son identité africaine mais jette aussi un pont entre tradition et jeunesse, Santiago et toutes les musiques du monde.

Défricheur au doigté aussi explosif que précis, grand improvisateur, rythmicien et mélodiste affirmé, Tcheka est bien plus qu'un excellent guitariste. En défricheur qu'il est, il a intitulé son deuxième album Nu Monda ce qui, en créole, veut dire : enlever les mauvaises herbes. Sa musique est en effet épurée et ses chansons sont inspirées du quotidien de la vie : les fausses amitiés, les souvenirs douloureux de l'esclavage, la violence envers les femmes, le diable qui rôde et les baisers que l'on donne…

Cet enfant du "petit pays " cher à Cesaria Evora devrait faire parler de lui !

Site internet : www.madminutemusic.com