L'Edito des Suds

Seizième édition et le Festival Les Suds, à Arles explore toujours toutes les facettes des musiques du monde : des plus savantes aux plus festives, des chants sacrés à l’électro, des musiques improvisées aux musiques écrites, du rock indé à la cumbia chilombiana ! Cette édition s’attache à montrer que la musique du monde, plus qu’une esthétique, est l’expression de patrimoines sans cesse réinterrogés. Ils se croisent, s’inspirent et enfantent de belles créations au gré des rencontres et des évolutions technologiques, version positive de la mondialisation.
 
Avec bien sûr la Méditerranée au cœur de notre propos : Angélique Ionatos et Katerina Fotinaki, inspirées par l’Orient des Grecs, offre une nouvelle et joyeuse création « Anatoli ». Pour fêter le Printemps arabe, Dorsaf Hamdani de Tunisie, dont la superbe voix se mêle à celle inégalée de l’Iranien Alireza Ghorbani, pour magnifier les poèmes d’Omar Khayyam et célébrer l’hédonisme… Initiée grâce à la Carte Blanche Sacem, une résidence de création nous permettra d’entendre tous ces artistes ensemble, célébrant un grand pont de l’Europe au monde arabe, de l’empire grec à l’empire perse.

L’Espagne encore, plurielle, avec pour le flamenco la grande et rare Estrella Morente, le créatif Dorantes ; pour la chanson, l’historique Paco Ibáñez ; et enfin la tellurique galicienne Mercedes Peon. Avec Marseille-Provence 2013, c’est le delta du Danube que nous présentons cette année : le Taraf de Caransebes sur les conseils artistiques d’Erik Marchand, fin connaisseur de la Roumanie, est programmé en première partie du groupe culte, Beirut.
L’Afrique aussi. Grâce à la fidélité du soutien d’Arte actions culturelles, nous accueillons le même soir AfroCubism et Staff Benda Bilili, respectivement au Théâtre Antique et à l’Ateliers des Forges.

Nos pays d’Oc seront bien sûr fortement représentés, aux côtés du Brésil, du Portugal, de l’Italie, de la Corée, du Chili, de la Palestine…

Ils seront nombreux à Arles cet été, venus des quatre coins de la planète pour illustrer cette magnifique diversité humaine, culturelle, musicale.
C’est parce que « C’est plus que jamais le lien fondamental entre l’unicité et la diversité humaine qui doit être forgé et encouragé dans la voix métisse. Celle-ci devrait élaborer un humanisme planétaire et incorporer le meilleur des cultures archaïques, le meilleur des cultures traditionnelles, le meilleur de la modernité occidentale »  comme le prône Edgar Morin avec talent et lucidité, que nous vous attendons nombreux à venir écouter la belle musique que fait le monde.

Marie José Justamond
Directrice du Festival