suds à Arles : festival de musique
 
LE TRIO JOUBRAN
 
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Et si on retrouve ici l'esprit combatif de Samir, la pondération élégante, presque évanescente, de Wissam et la légèreté fougueuse d'Adnan, cette dernière création dépasse largement leur premier album en trio, Randana, prenant une amplitude imagée. La communion d'esprit et la complicité virtuose est toujours là, l'identité aussi forte que singulière. Les envolées à trois sont ponctuées de Tanâsim, des échappées en solo, sortes de portraits, qui agissent comme une respiration. L'arrivée d'un percussionniste ajoute "une ligne rythmique qui fait danser les doigts sur la corde" et modifiant l'atmosphère, la rend plus dansante, moins dramatique.
Basé sur les mâqams traditionnels, leur répertoire traverse les frontières du genre -s'il y en avait- et ouvre de généreuses projections, aux résonances flamencas. Epoustouflant sur scène, le jeu du trio demeure précis et débordant d'une sensibilité peu commune qui tient en haleine le public. "Ma musique est comme un souffle, elle suit le rythme de la vie. Même les silences en font partie. Une vibration ? Peut-être, mais sur une longue distance. Quelque chose qui se propage. Une onde. Un écho", confie Samir Joubran.

Ils sont les dignes héritiers d'une longue et riche tradition familiale : leur père, maître luthier émérite, est connu dans le monde arabe et leur mère, chanteuse, vient également d'une famille où la musique se transmet de génération en génération.
D'abord consacré dans le monde arabe avec une carrière en solo, Samir Joubran, originaire de Nazareth, accède à la reconnaissance internationale avec l'album Tamaas qu'il réalise en duo avec son frère Wissam, également luthier. En constituant le premier et unique trio de ouds connu à ce jour, avec l'arrivée du dernier frère, Adnan, le Trio Joubran révolutionne l'art du luth arabe. Le talent musical de Samir est reconnu dans le monde cinématographique et de nombreux réalisateurs ont fait appel à lui : ils ont composé la bande-son des films Ticket to Jerusalem de Rashid Masharawi ; quelques uns de leurs morceaux sont retenus pour Inguélezi de François Dupeyron ou pour le documentaire A jihad for love de Parvez Sharma. Wissam a fait quelques pas au théâtre et fut en 2005 le premier étudiant arabe diplômé en lutherie par le prestigieux conservatoire Antonio Stradivari à Crémone, en Italie. Adnan, qui voulait être percussionniste, apprend le oud avec ses frères, en autodidacte. Aujourd'hui, il accompagne la compagnie de danse Fattoumi-Lamoureux et a développé un projet combinant musique et cirque avec le jongleur Vincent Berhault : Eko du Oud. Yousef Hbeisch, percussionniste aux prestigieuses collaborations, a joué avec l'Ensemble de la Paix et Sœur Marie Keyrouz, avec le Turc Suliman Erguner, le trio belge Aka Moon, Abed Azrié et, au Festival en 2005, avec Sameer Makhoul.

+ d'infos sur www.letriojoubran.com et sur www.maitemusic.com

DISCOGRAPHIE

Mâjaz, Randana/Harmonia Mundi, 2007
Randana, Randana-Fairplay/ Harmonia Mundi, avril 2005
Tamaas, label Daqui, mars 2003

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