Moment Précieux - Cour de l'Archevêché

Entre abbatiale romane et palais du XVIIe siècle, la Cour de l’Archevêché accueille des concerts avec des artistes rares ou en formation inédite. Avec ses 400 places assises, elle offre l'écrin idéal pour ces musiques intimistes, profanes ou sacrées.


Sahar mohammadi & haig sarikouyoumdjian . iran-arménie / 60 min.

Mercredi 13 juillet 2022 à 19h30

Ces jeunes virtuoses déjà passés maîtres dans leur art, accordent leurs sensibilités pour réussir le mariage entre l’esthétique et l’essence même de leurs traditions musicales, persane et arménienne. Sur un répertoire de musiques de l’extase, le beau timbre velouté de Sahar s’élance en scansions fougueuses, se transforme en murmures presque imperceptibles tandis que le duduk (hautbois à anche double) de Haïg trouve son harmonie au cœur d’une musique modale qui laisse libre cours à l’improvisation et aux ornementations. Chant classique, riches mélodies, bourdons et souffles subtils… leur musique dispose à l’état de grâce !

Née et vivant à Téhéran, Sahar Mohammadi est l’une des plus belles voix actuelles de la poésie persane. Après l’étude du târ et du sétâr elle opte pour le chant et le répertoire très complexe du radif. Transmis oralement de maître à élève, ce répertoire de la musique classique persane, est composé de douze modes dont sept principaux (dastgah) et cinq dérivés (awaz) soit quelque deux cent cinquante motifs mélodiques (gusheh) sur lesquels le musicien a toute liberté d’improviser. Sahar Mohammadi excelle dans ce domaine. Sa voix puissante transporte immanquablement vers un ailleurs de pure émotion.

La tradition d’Haïg Sarikouyoumdjian prend sa source dans la musique arménienne. Tout naturellement tourné vers le duduk, hautbois à anche double, emblématique de l’Arménie que l’Unesco a inscrit en 2005 au patrimoine immatériel de l’humanité, il en étudie tous les aspects et c’est aujourd’hui un duduk de sa propre fabrication qu’il tire les sons les plus enchanteurs. Conjuguant art traditionnel et collaborations contemporaines, il privilégie une approche sobre et émouvante, en accord profond avec la mélancolie des sonorités de son instrument. Preuve de son talent, le maître de la vièle kamantcha, Gaguik Mouradian, l’intègre à son ensemble de musique traditionnelle et Jordi Savall lui propose dès 2009 de collaborer à plusieurs de ses créations avec son groupe Hespèrion XXI.

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