TWIST À BAMAKO Un film de Robert Guédiguian

Comédie dramatique - France, Mali, 2020. 2h09 min.  

SAMEDI 12 MARS 2022 à 21H . L'EDEN CINEMA, FONTVIELLE

1962. Le Mali goûte sa fraîche indépendance et la jeunesse de Bamako danse le twist. Fils d'un riche commerçant, Samba vit corps et âme l'idéal révolutionnaire socialiste lorsqu’il rencontre Lara, jeune fille mariée de force, dont la beauté et la détermination le bouleversent. Ils savent leur amour menacé, mais espèrent pour eux comme pour le Mali, que, le ciel s'éclaircira...

ENTRETIEN AVEC ROBERT GUEDIGUIAN (extrait)
Comment vous est venu l’idée de ce film ?

Je suis allé voir l’exposition des photographies de Malick Sidibé (« Mali Twist », à la Fondation Cartier, à l’automne 2017). Cette réjouissante explosion de vitalité à travers les corps déhanchés de ces jeunes danseurs m’a rendu très curieux de cette époque. Quelques semaines plus tard, j’étais à Lyon pour présenter La Villa, avec Marc Bordure, un de mes associés d’Agat Films. Il avait rencontré le commissaire de l’exposition avec l’idée de produire une série ou un film documentaire. En marchant dans la rue, il commence à me raconter ce qu’il avait appris sur le Mali des années 1960 et me décrit l’exaltation révolutionnaire qui animait cette jeunesse. Au bout de quelques minutes, je lui ai dit « et si je faisais un film de cinéma avec tout ça ? ».

Cette histoire de jeunes gens idéalistes qui veulent créer un État socialiste après l’indépendance tout en dansant le twist et le rock’n’roll, ressemble à ma propre histoire. Si Bamako ou Marseille en modifie la forme, le fond est strictement identique. On s’est mis à travailler avec Gilles Taurand. En quelques semaines on avait des tonnes de documentation, rencontré des spécialistes de la période. On s’est inspiré de deux jeunes gens qui dansent sur l’une des photos les plus connues de Sidibé, lui en costume blanc et elle, pieds nus avec sa petite robe. On a imaginé qu’ils étaient très amoureux (en réalité ils étaient frère et sœur) que le garçon, dans la journée, une fois enlevé son costard blanc, mettait son treillis et allait dans les villages au fond du Mali pour convaincre les paysans d’accompagner la construction du socialisme et que la fille avait été mariée de force dans l’un de ces villages. Nous voulions raconter une belle et tragique histoire d’amour pour incarner ce que j’appelle ce « moment communiste », de construction, de fête révolutionnaire où les possibles se heurtent à la contre révolution mais aussi à la tradition et aux coutumes ancestrales.

Photo © AGAT Films