C'est l’une des plus belles voix du monde berbère.
Vendredi 13 juillet 2008 au Musée départementale Arles antique. Houria Aïchi est accompagnée par les subtiles compositions de Grégory Dargent de L'Hijâz'Car. Elle chante une ode émouvante à la liberté. Passionnément fidèle au répertoire de ses racines, au coeur des Aurès, ces montagnes berbères du Sahara, la célèbre chanteuse chaouie associe chants traditionnels aux rythmes les plus modernes. En compagnie du jeune quintet strasbourgeois L’Hijâz’Car, sur des rythmes qui entremêlent jazz et sonorités orientales, elle nous transporte dans l’univers fabuleux des Cavaliers de l’Aurès : des poésies chantées qui célèbrent l’universalité des règles de la chevalerie, de la bravoure, de l’amour, prônées par ces princes cavaliers, les Rayan el khil qui ont marqué son enfance.
Avant de sculpter les chants des Aurès, c’est dans la cour de sa maison natale qu’Houria Aïchi est née au chant. A Batna, dans les montagnes berbères, aux portes du Sahara, les femmes se réunissent souvent pour chanter et Houria, enfant, court de maison en maison se joindre à elles. Elève brillante, encouragée par ses parents, Houria Aïchi a suivi des études secondaires à Constantine, fréquenté l'université à Alger et achevé sa formation supérieure de sociologue en France. Elle n'a cependant pas cessé de chanter durant toutes ses études pour son propre plaisir et celui de ses amis. Sa voix séduit. Elle a également entrepris un travail de collectage de textes et de musiques relevant de la tradition orale.
Débutant la scène avec le seul soutien de son tambour et d’une flûte de roseau, Houria Aïchi s’est vite montrée soucieuse de faire bouger les formes traditionnelles tout en restant fidèle aux bases profondes de sa culture. Depuis 1990 elle a enregistré sept albums, rendant hommage à la femme algérienne tout en contribuant à faire connaître l’authenticité de la poésie chantée de l'Aurès. Passionnément fidèle à ses racines, au chant et au bendir, elle transmet à la fois la beauté et la symbolique d’un répertoire considérable qui n’a de cesse de l’inspirer.